À la suite d’une infection, le VIH, le VHC et le VPH induisent des infections chroniques dont l’évolution est tributaire de facteurs viraux, de l’hôte et sociaux. Une connaissance plus poussée de ces déterminants permet de mieux comprendre l’évolution des maladies et d’établir des corrélats de protection et de progression.

Toutefois, plusieurs questions demeurent sans réponse. Quels sont les paramètres influençant l’établissement d’une infection efficace en regard des modes de transmission? Quels sont les événements précoces en primo-infection qui définissent l’évolution de la progression de la maladie? Quels facteurs influent sur la diversité génétique du VIH? Qu’est-ce qu’une réponse immune protectrice? Est-il possible de développer des anticorps largement neutralisants?

Dans le cas du VHC, il est primordial de mieux décrire l’évolution de la maladie afin de mieux connaître les corrélats de protection et les déterminants de la progression de l’infection. Le dépistage du VHC chez les femmes enceintes fait aussi partie des éléments à améliorer, notamment pour mieux cerner l’influence de la réponse immunitaire ainsi que la dynamique et la prévention de la transmission mère-enfant.

Toutes ces connaissances sont indispensables à la prise en charge efficace des patients et à la mise au point de vaccins.


Les objectifs scientifiques

Cette initiative vise principalement à caractériser les déterminants cliniques, virologiques, de l’hôte et de l’environnement qui influent sur le contrôle et la progression des maladies associées à une infection par la VIH, le VHC ou le VPH.

En parallèle, il s’agit de :

  • Caractériser les événements précoces sur le plan de l’immunité mucosale et innée de l’hôte en primo-infection par le VIH.
  • Définir les corrélats de protection immunitaire, d’une part, par une étude de la population rare des progresseurs lents infectés par le VIH et, d’autre part, par des mesures du taux de réinfection par le VHC chez les usagers de drogues injectables ayant résolu une première infection.
  • Identifier la signature génomique, protéomique et immunologique du contrôle de l’infection par le VIH et d’une réponse efficace contre le VHC.
  • Caractériser l’effet de la diversité génétique du VIH et du VHC sur l’évolution de la maladie et la réponse à un traitement.
  • Comprendre la relation entre la neutralisation autologue durant la grossesse et la progression de l’infection par le VHC chez la femme enceinte.
  • Définir l’effet du traitement antirétroviral et de son interruption ainsi que du traitement du VHC sur la progression de l’infection, et ce, à l’aide de marqueurs non invasifs de la fibrose.
  • Procéder à des études interventionnelles en vue d’améliorer les perspectives de santé des personnes co-infectées par le VIH et le VHC.
  • Cerner les facteurs de risques d’infection anale par le VPH et suivre l’évolution de l’infection chez les femmes co-infectées par le VIH et le VPH.

 

Les principales hypothèses

Les chercheurs participant à cette initiative stratégique orientent leurs travaux afin de valider les hypothèses suivantes :

  • Certains événements précoces au niveau mucosal influe sur la progression par le VIH.
  • Le suivi des progresseurs lents et des contrôles d’élite permettent d’établir de meilleurs corrélats de protection immunitaire et une signature moléculaire du contrôle immunitaire de l’infection.
  • Il existe une corrélation entre, d’une part, la neutralisation autologue et, d’autre part, la transmission mère-enfant et la progression de la maladie chez la femme enceinte.
  • L’étude de la résolution spontanée et de la réinfection chez les usagers de drogues injectables permet d’identifier la signature d’une réponse immunitaire efficace contre le VHC et d’établir certains corrélats de protection.
  • Le suivi de grands groupes de patients permet de caractériser le mécanisme favorisant la résolution spontanée et la réponse au traitement chez les porteurs de certains génotypes associés à l’interleukine 28B.
  • Le traitement d’une infection par le VHC a un effet marqué sur la progression de la fibrose hépatique.
  • Certains outils diagnostiques non invasifs sont aussi sensibles et efficaces que les méthodes courantes.
  • La prévalence de l’infection anale par le VPH est élevée au sein de la population féminine, mais plus faible que chez les hommes infectés par le VIH.
  • L’incidence et la persistance de l’infection par le VPH sont plus élevées pour certains génotypes du VPH chez la femme porteuse du VIH.
  • La présence de partenaires sexuels récents augmente le risque d’infection incidente par le VPH.

 

L’approche stratégique

Pour soutenir le travail des chercheurs, cette initiative stratégique prévoit les actions suivantes :

  • Fournir l’accès aux données cliniques, épidémiologiques, sociales et moléculaires provenant des analyses effectuées au sein des cohortes et à l’aide des banques d’échantillons qui leur sont associées, ainsi qu’aux données du registre des personnes vivant avec le VIH.
  • Déployer et maintenir les plateformes technologiques en soutien aux infrastructures de recherche clinique afin d’évaluer la contribution des facteurs viraux et de l’hôte dans l’évolution ou la résolution des infections par le VIH, le VHC et le VPH sur les plans génomique, protéomique et immunologique dans des contextes tant de mono-infection que de co-infection.
  • Mettre au point des stratégies d’intervention afin de prévenir la progression des maladies associées à ces virus.

 

Les infrastructures

Pour réaliser leurs travaux, les chercheurs auront accès aux infrastructures existantes et nouvelles mises en place par le Réseau. Il s’agit entre autres de :

  • Les banques d’échantillons et de données socio-démographiques et cliniques.
  • Les diverses cohortes : primo-infection, progresseurs lents, UDI, VIH-VPH, mère-enfant et VIH-VHC.
  • Le registre des personnes vivant avec le VIH.
  • Les plateformes d’immuno-monitoring, d’analyse moléculaire et de prévention.

 

Les retombées

Cette initiative stratégique favorisera le déploiement d’une masse critique d’équipes de recherche qui se consacrent à la problématique de l’infection par le VIH, le VHC et le VPH. Les résultats de leurs travaux permettront d’améliorer la prise en charge des patients ainsi que l’accès aux traitements. Ils mèneront également à une meilleure compréhension des dimensions virologiques, immunologiques, individuelles et sociales de la pathogénèse des maladies associées à ces virus ainsi qu’à une prévention plus efficace des infections et de leurs complications.